Pascal Jusot
Artisan sabotier
Sabots de Bethmale
Pascal Jusot ne quitte pas ses sabots de la journée.
Il marche, court si nécessaire et conduit même sa voiture, sabots aux pieds.
C’est dire à quel point il met l’accent sur le confort et tient compte de notions orthopédiques lors de la creuse.
Outre des qualités esthétiques évidentes, les sabots de jardin sont bien plus agréables à porter que leurs petits frères en plastique ou en caoutchouc !
Particuliers, groupes folkloriques, collectionneurs, bref, les clients de Pascal vous le confirmeront.
Quant aux sabots d’apparat,
reconnaissables à leur longue pointe ornée de cuir et de clous c’est tellement une autre histoire, qu’ils font l’objet d’une légende romantique à souhait !
On touche à l’œuvre d’art :
le sabotier se fait décorateur, porteur d’un message d’amour et surtout, témoigne d’un savoir- faire bien vivant…
Voir les outils du sabotier : ici
Pascal Jusot
Village d'Aret
09800 Arrien-en-Bethmale
France
Tel : 05 61 96 78 84 ou 05 61 96 74 39.
www.artisan-bois-sabots.fr
contact@artisan-bois-sabots.fr
Visite commentée
Nos ateliers et notre boutique sont ouverts toute l'année, au village d'Aret sur la commune de Arrien-en-Bethmale (Ariège - Pyrénées).
Hors période estivale il est prudent de nous téléphoner.
Visites commentées (2€ par personne) :
pour les groupes sur réservation toute l'année
pour les particuliers, le mardi à 15 h et le jeudi à 17H en période estivale
Visites libres :
tous les jours de 15h à 17h en période estivale
La légende prétend que le premier sabotier fut Saint René.
L’évèque d’Angers se serait retiré à Sorrente, en Italie, pour fabriquer des sabots.
Nous sommes dans la première moitié du Ve siècle.
Sur les traces du Saint Patron des sabotiers, Pascal Jusot respecte les traditions.
Il utilise les outils anciens, tant pour la fabrication et les finitions des sabots de labeur que pour les sabots d’apparat.
Il a cependant adapté sa gamme de produits à un usage plus actuel.
Sa démarche commerciale ne consiste plus à attendre les commandes.
Le monde paysan auquel s’adresserait logiquement l’usage des sabots, a bien évolué :
pour utiliser son tracteur, le cultivateur portera plus volontiers des bottes, plus pratiques que les sabots.
Pascal s’ouvre au monde entier :
il a même créé sa boutique sur Internet.
Ses méthodes de travail, sa passion pour le métier artisanal qu’il représente et perpétue si bien, ont valu au dernier sabotier d’Ariège d’être reconnu « Entreprise du Patrimoine Vivant ».
C’est à l’atelier d’ Audressein, que se fait, en hiver la production de sabots (environ un millier de pièces par an).
Les bouleaux, les noyers, les aulnes sont nettoyés à la hache et marqués avec une règle graduée à la longueur du sabot, tronçonnés en rondins et tracés avec un gabarit des différentes pointures.
Encore vert, le bois sera plus facile à travailler :
les sabots de jardin sont façonnés et creusés mécaniquement.
Attachés par paire, les sabots devront sécher plusieurs mois puis la finition se fera manuellement avec la cuillère pour recreuser l’intérieur et le paroir pour finir la forme extérieure.
Après les avoir verni Pascal y fixe la bride en cuir et ajoute un caoutchouc aux semelles.
A la reinette, il gravera sur le dessus des sabots, sa « griffe », sa signature.
Pour souligner les motifs, il les teintera au brou de noix.
Art ou artisanat ?
La frontière est mince…
Les sabots de Bethmale à longue pointe, eux, sont entièrement réalisés à la main à partir d’arbres à la forme coudée.
Ils seront façonnés à l’aide du paroir et creusés entièrement à la cuillère et au boutoir.
Leur finition nécessite beaucoup de soin :
en effet ils sont recouverts de cuir et de clous dorés formant un cœur au dessus du sabot.
Leur réalisation nécessite plusieurs jours de travail….
Idéalement située entre montagne et forêt, la vallée de Bethmale, dans les Pyrénées, a, de tout temps été réputée pour la qualité de sa saboterie.
Dans les années 195O, ce sabotier installé à Audressein succède à son père qui avait commencé ce métier en 1934.
Du fait d’une demande de moins en moins importante de sabots chaussants Marcel Catala produit du sabot souvenir.
Dans les années 70 il n’y a plus que cette saboterie mécanique en Ariège.
En 1980 il accepte de former Pascal Jusot durant 3 ans pendant lesquels il lui enseignera la fabrication des sabots de jardin et des sabots de Bethmale ;
celui-ci s’installera ensuite à Bethmale.
C’est devenu une passion, Pascal a des idées et se lance dans l’aventure.
C’est en 1997, après la retraite de M. Catala qu’il reprendra le second atelier situé à Audressein.
Au IXe siècle, les Maures occupèrent le Midi de la France et les Pyrénées.
Le fils du chef Maure Boabdil s’éprit de la plus jolie fille de la vallée de Bethmale, Esclarlys (teint de lys sur fond de lumière).
La belle était déjà fiancée à un jeune pâtre chasseur et résistant, d’Ysard Darnert, réfugié dans la montagne.
Trompé avec un ennemi !
Le jeune homme organisa sa vengeance.
Il déracina deux noyers dont la base formait un angle droit avec les racines.
A la hache et au couteau, Darnert se fabriqua des sabots en forme de croissant de lune, terminés par une longue pointe, très effilée.
Darnert élimina le couple adultère au cours d’un rude combat duquel lui et ses pâtres sortirent vainqueurs.
Défilant dans le village, les fameux sabots aux pieds, Darnert offrit sa vengeance aux yeux de tous : accroché au sabot de gauche, le cœur de la jeune femme infidèle, à droite, celui du Maure…
De nos jours, le fiancé offre à sa tendre fiancée une paire de sabots à longues pointes, habillée de cuir et décorée d’un coeur de clous dorés, en gage d’amour.
A la longueur des pointes des sabots, la fiancée évalue la profondeur des sentiments de son prétendant.
Le soir de Noël, elle recevra aussi une quenouille rouge et un fuseau.
Le jeune amoureux se verra offrir un tricot de laine brodé de velours et une bourse empanachée de rubans, de paillettes ou de jais.
La légende des sabots de Bethmale continue, moins cruelle et belliqueuse qu’autrefois…