Chasse à l'ours

ours peluche

 Une page de « la petite histoire » des Etats- Unis d’Amérique est à l’origine du nom du désormais célèbre « doudou » de nos bambins.

En 1903, Théodore Roosevelt est un président très populaire, au point que ses proches et pratiquement toute la population américaine parlent de lui en l’appelant familièrement par un diminutif presque affectueux : « Teddy »

Dans le courant de cette même année 1903, Teddy Roosevelt, connu aussi pour son tempérament dynamique et sportif,  participe à une chasse à l’ours dans le delta du Mississipi.

A la fin de la journée, les organisateurs de la chasse qui accompagnent le plus haut dignitaire américain doivent se rendre à l’évidence : s’ils n’interviennent pas, le président va rentrer bredouille !
Inadmissible, selon eux ! Vu l’importance du personnage, on frôle le crime de lèse- majesté !

De plus, il est toujours agréable, business oblige, d’être dans les bonnes grâces du président….
A l’insu de Teddy Roosevelt, les organisateurs décident donc de capturer un ours et de l’offrir à la présidentielle ligne de mire.


Le Président et l'ours

animaux en pelucheAussitôt dit, aussitôt fait !
Enfin presque…
L’ours capturé par ces organisateurs attentionnés est déjà bien vieux et blessé.
Teddy Roosevelt, habitué aux attitudes mielleuses destinées à obtenir les faveurs présidentielles, n’est pas dupe.
En outre, un animal si peu fringant est indigne de son esprit de sportif et de chasseur. il ne tuera pas cet ours qu’il n’a pas mérité !

Tant pis si sa réputation de chasseur émérite s’en trouve ruinée et sujette à plaisanteries !

Dans les semaines qui suivirent cette mésaventure, la presse de l’époque ne manqua pas de relater et de commenter l’histoire de Teddy’s Bear, l’ours de Teddy, avec un humour souvent acide.
Teddy Roosevelt et « son » ours ont souvent été la cible privilégiée du talentueux et très corrosif caricaturiste Clifford Berryman, dans le célèbre Washington Post.

Au final « Teddy’s Bear », l’ours de Teddy aura servi la cause du président américain, démontrant à la population que Teddy Roosevelt était tout sauf « un ours mal léché » !

L’histoire ne nous dit pas si l’ours de Teddy a permis au président de briguer, avec succès, un second mandat, mais cet événement a contribué à la popularité sympathique de Roosevelt.
Publicité inattendue, mais efficace !
Vous ne voteriez pas pour un homme droit et juste, vous ? Surtout s’il a de l’humour…
Et si le vieil ours blessé, Teddy’s Bear, avait organisé tout ça pour remercier Roosevelt de lui avoir laissé la vie sauve ?
Pas possible ?  
Si on rêvait un peu…

Teddy Bear

ours de collection

Quelques temps après, cette histoire réserva une autre surprise à Teddy Roosevelt

L’Amérique entière avait eu vent de l’événement et chacun le relatait à sa manière, ajoutant force détails amusants.

« Le président et l’Ours », une légende sympathique, digne des fables de La Fontaine, qui allait influencer notre quotidien tout au long du XXème siècle…
Et surtout celui de nos bambins….
Tout démarra par ce que Teddy Roosevelt considéra comme un clin d’œil ludique à sa mésaventure.

Deux émigrants russes, Rose et Morris Michton, connus comme les premiers fabricants d’ours articulés en mohair, demandèrent l’autorisation présidentielle pour utiliser le nom donné à cette histoire.
Avec une petite variante, toutefois : Teddy’s Bear deviendrait Teddy Bear, l’ours de Teddy serait désormais Teddy l’ours.

Les Michton obtinrent l’autorisation présidentielle.
A l’avenir, chaque nouvelle collection d’ours en mohair créées par le couple sortira sous l’appellation Teddy Bear.

 

Succès story

peluches animaux


Succès mondial, au point que le nom passa, au fil des ans, dans le langage courant : papa et maman avaient offert « un Teddy » à leur enfant…

Qui n’a pas eu son « Teddy », le plus célèbre doudou au monde, fidèle compagnon de jeux, confident discret, toujours à l’écoute de nos petits secrets ?
Il savait si bien consoler nos gros chagrins…

L’image de Teddy l’ours a souvent été utilisée par la suite.
On a vu le sympathique ourson, parfois avec un autre nom, au cinéma, à la télévision, en bandes dessinées soit comme héros principal, soit comme compagnon intervenant dans la vie des petits et grands enfants.

Qui n’a pas souri aux aventures de « Winnie l’ourson » imaginées par Walt Disney ?

Les quinquagénaires français et belges n’ont pas oublié les marionnettes Pimprenelle, Nicolas et Nounours de l’émission enfantine « Bonne nuit, les petits », diffusée chaque soir à la télévision.

 

 

 

 

(Let me be your) Teddy Bear


des doudousLa chanson aussi a su à de multiples reprises employer l’image de douceur et de tendresse véhiculée par le célèbre doudou.

 Dans les années ‘5O, Elvis Presley voulait absolument devenir le «Teddy Bear » de sa petite amie…
Quelques années plus tard, Karin et Rebecca, deux adorables gamines d’environ six ans, filles du jazzman belge Eddie Defacq, dormaient avec « Nounours » dans leur bras et chantaient les petits secrets qu’elles racontaient à un doudou qui ressemblait beaucoup à l’incontournable Teddy.
La fabrication industrielle, les avancées technologiques ont vu arriver sur le marché des animaux en peluche de tout type, au visage plus expressif, mis en situation : Teddy Bear pouvait aussi bien être un valeureux chef indien qu’une maman en promenade avec bébé ours et leur chien.
De quoi « coller » au plus près à l’imagination des enfants…
Dépourvu de sexe, l’ourson convient aussi bien aux petites filles romantiques qu’aux petits  aventuriers téméraires, il s’adapte à tous les jeux.
Et ce ne sont que quelques exemples de l’impact de Teddy Bear dans notre vie. Pas étonnant que les Américains revendiquent la paternité de la réalisation du premier ours en mohair.


Rendons à César

peluche artisanale



Cette paternité leur est contestée par l’Allemagne, notamment.
S’il est vrai que Teddy Bear bénéficie d’un nom et d’un aspect sympathiques, s’il a vu sa popularité grandir et s’installer jusqu’au plus profond des mentalités partout dans le monde, il n’empêche que la fabrication des premiers ours en peluche est allemande.

Vers 1880, en effet, Margarete Steiff fabrique déjà des animaux en peluche à partir de tissus récupérés dans l’usine textile de son oncle.

En 1902, Richard, neveu de Margarete, suggère de créer des ours en peluche, arguant que le joujou, dépourvu de sexe, conviendrait autant aux petits garçons qu’aux petites filles et accompagnerait donc tous les enfants dans leurs jeux …
Un argument que les Américains n’hésiteront pas à reprendre à leur compte, un an ou deux ans plus tard…

L’ours en peluche allemand semblait pourtant promis à un bel avenir :
en effet, les commandes affluèrent dès la présentation du prototype PB 55.

Un riche américain d’origine allemande passa même d’emblée une commande de 3000 exemplaires ! Ainsi, PB 55 accéda rapidement à la notoriété internationale.

 

Nounours de tout poil

ours collection Il est indubitable que les modèles allemands et américains ont inspiré les fabricants de jouets par la suite, chacun y allant de ses idées et de ses améliorations par rapport aux originaux.

En France, dans les années 1920, deux firmes fabricantes de jouets tenaient le haut du pavé : PINTEL  et FADAP.

Par leurs innovations, les deux fabricants français ont réussi à personnaliser l’ensemble de leur production. PINTEL, par exemple, décida de supprimer la bosse qui caractérisait les fabrications allemandes de l’époque et changea les coutures du nez de ses ours en peluche.

Les doudous français arboraient ainsi une nouvelle allure, plus légère, plus souriante, au visage plus expressif que ses prédécesseurs.

Les grandes enseignes actuelles du jouet ne tarderont plus à apparaître. Si la fabrication industrielle a su se diversifier et proposer des jouets de plus en plus sophistiqués, elle n’en a pas pour autant supprimé la fabrication des ours en peluche.

Mais ils ont bien changé !
Formes, couleurs, équipements et accessoires, tout est adapté aux bambins du XXIème siècle.

 

RETOUR ACCUEIL RESTAURATEUR ET CREATEUR DE PELUCHES ARTISANALES