
Gouttebarge Michel
Calligraphie médiévale et enluminure
Belgique
Originaire de Clermont-Ferrand, j’arrive en Belgique en 1987.
Autodidacte en grande partie, je suis surtout un passionné qui aime essayer des recettes, partager ses expériences et retrouver d’éventuels tours de mains oubliés de procédés anciens.
En mars 2006, je crée ma propre association :
L’Enlumin’Heure ASBL, son but est de promouvoir la calligraphie et l’enluminure.
Compositeur Typographe de formation, je découvre l’enluminure en 1990 au hasard d’une exposition de l’Ecole Française d’Enluminure.
Voilà un hobby tout trouvé. Tout y est à apprendre.
Je m’essaye, tout seul, mais c’est en 1991 que ma rencontre avec Fernand Brose va être déterminante.
Je découvre le support parchemin, la calligraphie à la plume et les dorures étincelantes des enluminures de ce Maître Héraldiste.
Toujours seul, je réalise des enluminures pour mon plaisir et mon entourage.
Je participe à des fêtes médiévales, des foires du livre et des salons du livre ancien.
Je progresse au fil de ces expositions.
En 1999, je contacte Léon Gilissen, codicologue, paléographe et aussi enlumineur.
Ce dernier, praticien depuis 50 ans, me parle de codicologie et m’initie au travail des ors en relief. « Elève » de Léon Gilissen à chacune de mes visites, ma pratique de l’enluminure devient plus qu’une passion, une raison de vivre.
En 2004, je suis invité à une conférence de Dominique Vanwijnsberghe, docteur en Histoire de l’Art et spécialiste de l’enluminure.
Je découvre l’histoire de l’atelier d’enluminure de l’Abbaye de Maredret, proche de chez moi.
Tous ces échanges avec des spécialistes d’horizons différents et surtout avec Léon Gilissen sont d’une importance capitale dans mon parcours et l’évolution de mon travail.
Depuis 2000, je prépare mon parchemin à partir de peaux brutes et je peux ainsi créer des œuvres en abordant toutes les étapes de travail, alors que les anciens se partageaient les tâches dans l’élaboration d’un manuscrit.
Chaque œuvre est une pièce unique et correspond ainsi à la charte des enlumineurs.
Réalisée sur parchemin artisanal, peinture à la tempéra ou à la détrempe et dorure à la feuille 23,5 carats brunie à l’agate.
Je m’inspire des motifs, des styles et des époques pour faire mes propres créations.
Ce n’est que rarement que je reproduis à l’identique une enluminure ou une lettrine existante.
Le travail de la dorure est devenu aussi une passion.
Poser cette feuille si mince, lui donner par le brunissoir un éclat incomparable et un aspect miroir dans lequel on se voit très nettement était un défi.
Fabriquer la colle de peau, préparer l‘assiette à dorer et l’appliquer correctement, aussi.
Presque six ans d’effort.

"Pour réaliser des textes avec des lettrines ou des bordures enluminées, je m’essaye aux principaux alphabets médiévaux et me fait à chaque fois mon alphabet personnel.
Ma formation de compositeur typographe m’aide dans la mise en page et m’a été d’un grand secours dans ma recherche autodidacte.
J’aborde ainsi l’onciale, la majuscule insulaire, la caroline, la gothique primitive, la textura, la batarde et d’autres alphabets non médiévaux.
Je m’inspire le plus souvent de pages de manuscrits et recherche la façon de tracer chaque lettre.
D’autres alphabets sont en projet et la calligraphie contemporaine me séduit doucement.
J’utilise l’enluminure et la calligraphie pour réaliser des poèmes, des signets, des
marque-place, des citations ou encore des souvenirs de naissance, baptême, mariage,
quelquefois des enveloppes décorées ou simplement calligraphiées ".
Ce peut être très varié.
Lorsque les livres étaient entièrement copiés à la main, les illustrations étaient l’oeuvre des enlumineurs et des miniaturistes.
L’enluminure, c’est la décoration d’une page, d’un texte, d’un mot, d’une lettrine afin de renforcer le mot ou le texte écrit. Alliée à la calligraphie, elle vient rehausser le texte.
Les lettrines, somptueuses, étincelantes d’or poli viennent éclairer la page et là encore la lettre devient œuvre d’art.
Le travail des enlumineurs était long et fastidieux.
Il faisait appel à des techniques et des tours de main qui ne nous sont malheureusement pas tous parvenus. Les recettes d’ateliers étaient jalousement conservées ou transmises oralement.
Réalisées sur parchemin de mouton ou d’agneau, ou encore vélin de veau mort-né, avec des encres et des peintures faites de produits naturels tels que pigments d’origine minérale, végétale ou animale, le tout mélangé à de la colle animale ou du blanc d’œuf ; les enluminures ont conservé l’éclat de leurs couleurs et de leurs ors.
Les enlumineurs nous ont laissé de nombreux manuscrits, livres d’heures, bréviaires, soigneusement conservés dans les bibliothèques du monde entier.
L’invention de l’imprimerie a progressivement fait disparaître l’enluminure de la fabrication des livres, après plus de 1000 ans d’existence.
Depuis août 2000, je prépare mes propres parchemins à partir de peau de lapin, puis ensuite avec du mouton et du chevreuil.
Un traité de tannerie et surtout L’encyclopédie Diderot et d’Alembert me fournissent de précieux renseignements sur la technique de parcheminage.
Les peaux lavées dans l’eau plusieurs jours sont épilées à la chaux, rincées, écharnées, tendues sur des cadres ou clouées, blanchies à la craie, séchées puis poncées, elles deviennent alors des pages aptes à recevoir toute œuvre sur l’une ou l’autre face.
Je tente aussi l’expérience sur une peau de poulet et j’essaye également le parcheminage avec des bains de farine et de sel.
Après des dizaines de peaux traitées, je continue de chercher un procédé qui me fournira un support ressemblant aux manuscrits médiévaux.
Photo : Travail de la peau sur cadre
Je crée en mars 2006 l’Association
L’Enlumin’Heure ASBL.
L’association propose des ateliers réguliers pour adultes, des stages,
des interventions en milieu scolaire, des conférences, etc...
afin de promouvoir la calligraphie
médiévale, l’enluminure et surtout partager ma passion.
L’Enlumin’Heure ASBL
Rue des Buissières, 69
B – 5650 Pry-lez-Walcourt
E-mail :
enlumin-heure-asbl@skynet.be
Michel Gouttebarge
nous a quitté en Septembre 2008.
Cette présence est un hommage à son savoir-faire et la passion avec laquelle il exerçait son métier .