La réalisation d'une lampe...

etapes de fabrication d'une lampe en céramique

L’œuvre qui va être réalisée sera une lampe faite à partir d’un mélange de porcelaine, de pâte à papier et de fibres de lin.
Ce mélange est plus solide que la porcelaine seule.
Cette pâte se travaille presque comme un morceau de tissu grâce aux fibres, et est plus translucide que la porcelaine car les fibres brûlent lors des cuissons.
Les plantes séchées qui serviront pour l’ornementation poussent en général sur les talus. Le brôme ou la fougère font aussi partie du "matériel" que Claire récolte lors de ses promenades
Photos ci contre

La 1ère étape consiste à malaxer pour rendre la matière plus malléable et pour l’homogénéiser, afin que le retrait par la suite soit égal.
Ensuite, elle est aplatie avec un rouleau posé sur deux lattes qui ont la finesse désirée pour l’élément qui va être créé.
Un modèle simplement découpé sur une feuille de papier journal servira pour obtenir la forme de l’élément.
Une fois que la pâte a la bonne épaisseur et est assez grande, la forme du modèle est découpée.

Etape 1 : ici

Il faut alors choisir la plante adéquate pour l’ornementation de la plaque conçue. Elle est placée correctement dessus et le passage du rouleau marquera l’empreinte de l’herbe.
L’herbe est ensuite retirée et l’empreinte fait penser à un fossile.
Les petits morceaux de plante qui peuvent rester dans la pâte seront brûlés lors de la cuisson et l’empreinte sera intacte. Etant donné que le rouleau a été à nouveau passé, il faut redécouper la plaque sur la base du modèle.
Les morceaux découpés pourront être utilisés par la suite, en prenant bien soin de malaxer la pâte jusqu’à une homogénéisation parfaite

Etape 2 : ici

Les mêmes étapes seront répétées jusqu’à l’obtention de 4 plaques de taille et de forme identiques…mais avec l’utilisation d’herbes différentes.
Le socle est réalisé à l’aide de lattes plus épaisses car il doit être plus solide et ne doit pas être translucide comme les 4 autres plaques.
Un simple couvercle sert de gabarit. Le socle est posé sur un moule préalablement conçu en argile lui aussi et sur lequel est installé un film alimentaire afin que les éléments n’y adhèrent pas.

Etape 3 : ici

Les plaques sont alors collées au socle en humidifiant celui-ci avec de l’eau.
Cette technique d’assemblage"la tête en bas" permet de simplifier l’opération pour ne pas lutter contre la pesanteur. Si elles étaient réalisées à l’endroit, les plaques s’affaisseraient.
Les plaques sont collées ensuite avec de l’eau et les bords sont pincés. Les jonctions sont ajustées pour une question d’esthétique.
L’assemblage peut maintenant sécher dans la même position durant quelques heures.
Le séchage dure plus longtemps que pour la porcelaine à cause de la présence de la pâte à papier.
Lors de cette étape un retrait de 5% est observé

Etape 4: ici

Après le séchage l’assemblage est replacé à l'endroit et une dernière finition purement esthétique est réalisée, ainsi que le trou par lequel le câble électrique passera.
L’objet peut alors subir une 1ère cuisson à 1000°C pendant 20 heures. Lors de cette cuisson le stade d’irréversibilité intervient.
C'est-à-dire qu’après 573°C, l’eau s’est évaporée et la matière reste poreuse.
La matière a donc perdu sa plasticité.
Lors de la 2ème cuisson à 1250°C pendant 30 heures un retrait de 10% est observé. Ici c’est le stade de vitrification qui intervient. La matière se transforme en une structure de verre plus dure et étanche.
Après les deux cuissons, et après refroidissement, il ne reste plus qu’à installer le matériel électrique.
Ainsi, la lampe en porcelaine-papier est terminée.

Dernière étape : ici

(Reportage réalisé par Julie Winck, étudiante en architecture)

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