François Bodart ne construit que du neuf, patiemment, sur commande, à la main.
La perfection à l’ancienne… « Pas question de mécaniser !
Cette conception est inapplicable à mon métier.
C’est pourquoi, mes outils me sont très précieux, principalement les outils traditionnels japonais découverts aux Etats-Unis.
Ceux-ci me permettent d’atteindre une haute précision dans le travail du bois ».
Une pause dans le quotidien, qui nous ramène à la terre.
Tout commence dans un moule.
Le luthier fixera les tasseaux et les coins.
Autour, s’articuleront les éclisses (fines lamelles de bois pliées à la chaleur).
Ensuite, le luthier sculpte la voûte de la table et du fond de l’instrument.
Dès que le bois a séché, il enlève le moule et assemble la caisse de résonance.
Juste avant, la nouvelle œuvre a déjà été signée.
Le luthier façonne et personnalise le manche qu’il ajoutera au corps de l’instrument, alors « terminé en blanc ».
Une étape importante dans le processus de construction!
Si pas une des plus importante :
d’elle dépend la réussite esthétique de l’instrument.
La tradition veut un séchage au soleil, après application des différentes couches de vernis.
Mais François Bodart vit et travaille en Belgique.
Et notre beau pays est souvent déserté par le soleil.
Pour remédier à ces caprices de notre climat, François Bodart a construit à l’intérieur de son atelier, une chambre de vernissage et de séchage.
Le luthier peut y entrer, la poussière et la pluie, non !
Les instruments, après l’opération vernissage, sécheront « dans un cabinet d'UV », pourvu d’une arrivée d’air.
François Bodart, pour parfaire son système, peut visualiser ses coups de pinceaux, comme sur les instruments d’autrefois.
Important aussi cette alchimie:
le cachet, l’aspect esthétique de l’objet sont déjà une évocation du son ainsi que l'expression de cette « fusion intérieure » qui lui fut un jour révélé dans les vernis des maîtres anciens.
Enfin, une nouvelle œuvre va voir le jour !
A ce stade, François Bodart installe chevilles, chevalets et cordes.
Il travaille sur cette création depuis près de deux mois !
Il ne reste plus au luthier qu’à partager ce moment de pur bonheur avec son client : le contact entre l’artisan et le musicien.
Un instant d’échange unique, intense, entre celui qui a transformé la chenille en papillon et l’artiste qui lui apprendra à voler vers sa fonction finale :
la musique !
Comprenez- vous pourquoi François Bodart continue à suivre « ses enfants » à travers le monde, pourquoi il est si fier de leur évolution et de leurs résultats ?
Décidément, l’univers des « baroqueux » est empreint d’une finesse artistique et d’une chaleur humaine qui ne laissera personne insensible.
Jean-Sébastien Bach et ses contemporains allemands peuvent reposer en paix.
Leur musique traversera encore de nombreuses générations.
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